LA TECHNIQUE DU VITRAIL
L'évolution des techniques permet à ces mosaiques d'abord décoratives de devenir narratives. Grâce à des innovations technologiques la gamme de couleurs utilisées s'étend et le verre opaque et translucide, acquiert une clarté et une transparence qui ne font plus obstacle à la diffusion de la lumière.
Ainsi au XIVème siècle les élements de décor évoluent grâce à l'association de 3 couleurs (noir, brun ou sépia) et par toute une gamme de sels d'argent qui offrent des rehauts transparents ou saturés de différents jaunes (Jaune d'argent). L'artiste verrier peut colorer partiellement le verre en jaune sans recourir à la coupe et à la résille de plomb. Ce jaune d'argent est utilisé pour peindre ainsi des chevelures blondes, des parements de vêtements et les fonds végétaux: sur un verre bleu teint dans la masse, le jaune d'argent permet de composer du vert.
A partir de la Renaissance, l'utilisation d'une teinte transparente et saturée: la sanguine (teinte de carnation) ainsi que des émaux translucides (bleu, vert et violet) permettent la juxtaposition de plusieurs teintes transparentes sur un seul morceau de verre. Les émaux sont des couleurs vitrifiables composées de verre de couleur broyé, mélangé à des borosilicates et à un liant. Le bleu et le vert sont les premières couleurs inventées suivies du violet et du rouge. Cette technique révolutionne l'art du vitrail et celui-ci devient peu à peu un tableau lumineux avec des effets de perspective. A ce titre les verrières de l'église de Montfort en fournissent de très beaux exemples. Alors que vers 1540 le goût pour les verrières en grisaille s'impose dans de nombreuses églises de France, les vitraux de l'église Saint-Pierre éclatent au contraire de mille couleurs...
Ci-contre détail des Tentations du Christ